Tour du monde sans CO2


Introduction

Faire le tour du monde est un rêve qui anime de nombreuses personnes. Or le voyage, généralement en avion, pollue beaucoup. Comment éradiquer les effets négatifs du tourisme ? Nous verrons d’abord la situation actuelle liée à l’empreinte carbone en commençant par les racines historiques du problème, puis l’état de la pollution dû au voyage aujourd’hui pour finir avec les projections futures du secteur. Nous verrons ensuite à quoi un monde où les voyages auraient un impact de décarbonation pourrait ressembler, pour ensuite proposer un « fond local vert » tout en prenant en compte d’éventuelles critiques de ce fond vert. Nous verrons enfin un premier planning pour la réalisation.

I – Situation actuelle

Le tourisme est valorisé historiquement. Par exemple, la jeunesse issue d’élite anglaise faisait des « tours d’Europe » pour parfaire leur éducation. Avec l’avion et les congés payés, le voyage devient démocratisé pour jouir de la vie à l’extérieur du boulot. Elle devient un moyen de « se faire bien voir » sur les réseaux comme Instagram, devenu une vraie vitrine personnelle des temps modernes. Mais avec l’avènement de l’avion, la pollution venant de ce moyen de transport a augmenté. Aujourd’hui les voyages polluent énormément. En 2022, le secteur du tourisme en France a émis 97 millions de tonnes équivalent CO2 alors que l’objectif est de 0. Cela représente l’équivalent de l’empreinte carbone annuelle de 10,5 millions de Français. En termes de proportion, le transport représente 69% de l’empreinte carbone du secteur du tourisme, et le transport aérien 29% à lui seul. L’hébergement des touristes, les achats de biens touristiques et la restauration représentent 25% des émissions de GES.

Cette situation actuelle est prévue d’empirer si rien n’est fait.
Dans les pays de l’OCDE, les arrivées de touristes internationaux ont augmenté de 8.1 %, pour atteindre 819.5 millions en 2024, dépassant les niveaux observés avant la pandémie. Cette progression s’est poursuivie en 2025, avec une hausse des arrivées internationales estimée à 3.4 %. Le secteur a toutefois été freiné dans son élan début 2026 par le conflit au Moyen-Orient. D’après le niveau actuel d’ambition, les émissions de CO2 du tourisme liées aux transports devraient passer de 1 597 à 1 998 millions de tonnes entre 2016 et 2030, ce qui représente une hausse de 25 %, ce qui n’est pas une évolution dans le bon sens. Ces émissions de CO2 représenteront 5,3 % du total des émissions anthropiques en 2030 (contre 5 % en 2016).

Ces tendances ne sont pas des vérités absolues et il est possible de changer la situation pour le mieux.

II – Utopie

Nous pouvons imaginer un monde où le voyage contribue à la décarbonation. Dans ce monde, l’argent des bénéfices du tourisme serait en partie fléché vers un fond géré localement et démocratiquement. Ce fond serait évalué mondialement. Contribuer à la décarbonation grâce à l’argent du tourisme est une belle idée, maintenant intéressons-nous à sa mise en application.
Concrètement, l’argent viendrait des acteurs privés du tourisme. Les entreprises locales du tourisme (hôtel, restaurant, prestataires) verseraient une part de leurs bénéfices. La décision du fléchage de l’argent serait donnée à une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) ancrée sur le territoire et qui déciderait démocratiquement. Elle serait ouverte aux habitants, aux citoyens locaux, aux acteurs économiques du tourisme (hébergeur, commerçant, guides), aux collectivités locales et aux institutions (mairie, office du tourisme) et aux experts et ONG environnementales. Iels décideraient où envoyer cet argent tant que ce soit des actions visant la réduction mesurable des émissions de CO2. Par exemple, cet argent pourrait aller vers la rénovation thermique des bâtiments, les mobilités douces, l’alimentation durable et la restauration de puits de carbone locaux. Nous avons détaillé le fonctionnement de l’idée et son organisation autour d’une SCIC, nous verrons maintenant comment éviter les dérives
Pour éviter les dérives, une évaluation mondiale serait mise en place. Elle pourrait auditer et certifier les données ouvertes (open data) des émissions séquestrées ou évitées. Elle pourrait également mesurer le carbone grâce aux méthodes standardisées de collecte telle que le GHG Protocole ou la méthodologie Bilan Carbone.

Nous avons imaginé un fonctionnement théorique, nous allons présenter la feuille de route pour y arriver.

III – Concrétisation de l’utopie

Pour démarrer cette utopie, il faudrait choisir un territoire pilote où tester le modèle. Ensuite, il faudrait trouver des gens : créer des ateliers participatifs pour co-créer la charte du fond, mobiliser un comité d’experts scientifiques. Enfin, créer une expérimentation prouvant la faisabilité du concept pour démontrer l’impact dès la première année.

Conclusion

En conclusion, nous avons vu que le tourisme n’était pas engagé sur une courbe positive mais qu’un fond local pour l’environnement pourrait répondre aux défis du secteur. Pour cela, trouver des citoyens et des scientifiques pour créer une première version est la prochaine étape.

Question / Réponse

Q : Pour des établissements mixtes comme des restaurant ou des hôtels, comment calculer la part du tourisme et celle qui n’est pas du tourisme (déplacements professionnels par exemple) ?

R : On pourrait demander aux clients la raison de leur venue à la réception (tourisme, professionnel, …). On pourrait aussi créer des offres distinctes pour le tourisme ou pour les pro. De plus, ça aurait aussi l’heureux avantage pour les entreprises de mieux connaître leur clientèle.
Il faut alors calculer : part tourisme (en %) = CA clientèle tourisme / CA total
Puis : bénéfice tourisme = bénéfice net total X part tourisme
Enfin : appliquer le taux qu’on veut donner au fond

Bibliographie

https://www.ademe.fr/presse/communique-national/journee-mondiale-du-tourisme-bilan-des-emissions-de-ges-du-secteur-du-tourisme-en-france

https://www.oecd.org/fr/publications/tendances-et-politiques-du-tourisme-de-l-ocde-2026-version-abregee_87aed695-fr.html

https://www.untourism.int/fr/sustainable-development/tourism-emissions-climate-change